UNE RESERVE SAUVAGE




     UNE FRONDE SAUVAGE    ?     

Alors, où et dans quelles conditions se pratique le Zen Do Ken ?
 

 

VOTRE STRUCTURE PARTICULIERE

La transmission du savoir vous est particulièrement, spécifiquement, adaptée.

 

Si le matériau et le concept général de pratique sont assez exhaustivement décrits sur le site (blog) du Zen Do Ken, votre prisme de pratique, selon votre morphologie et votre coordination courante, qui implique votre libre arbitre, vous sera précisé.

 

D’un point de vue général, il s’agit de renforcer l’inertie avec l’attention, afin d’investir une dimension massive de la stature.

 

Tant pour les personnes de constitution lourde que celles de constitution précaire, retrouver la pesanteur et la structure en croix du corps, évite la tendance de chacun à exagérer, soit le caractère propre de sa morphologie, soit au contraire la fuite de l’attitude vers un « improbable différent… ».

 

Faire corps avec sa stature, la recentrer, et renforcer son croisement, nouement, propre, c’est aussi réaliser, dans les deux sens du terme, la prépondérance des assises du corps, et en obligé complément, l’importance de la station debout.

 

S’asseoir durablement, se lever durablement, centrer le corps sur l’espace de la ceinture, soulager les positions hautes par des assises basses, des assises larges par l’extension verticale, constater le renvoi des torsions latérales sur la globalité recroisée du corps, tout cela fait partie de l’être primordial, premier et dernier, de l’être humain, et intègre et articule nos existences.

 

QUI FACE À QUOI

 

Culturellement, sociologiquement, nous sommes tous sollicités, sur des échéances et lors d’enjeux constants, par nos options familiales, professionnelles, affinitaires, dans nos lieux de vie et/ou de destination, pour faire face à de multiples épreuves, à de très diverses adversités, paliers selon lesquels nous construisons les contreforts de nos existences.

 

Le Zen Do Ken prétend être un résumé, une régénérescence et un condensé (sur des temps de pratique modulables et en défi de constance) de cette dialectique de l’adversité selon laquelle nous nous constituons.

 

L’enjeu est effectivement d’aller à l’encontre et de reconnaître notre être combatif, notre être combattant, et pour cela, nous allons l’immerger, dans une mesure modérée mais osée, dans un contexte primitif, celui de la nature, de la nature sauvage, de ses abords.

 

L’expérience de la solitude de pratique, la disponibilité obligée à l’environnement de nature, le maintien d’un formalisme de pratique, et en son cœur, d’une intention tenue d’autodéfense, prétendent nous renforcer face à l’« adversité hypothétique », l’hypothèque de l’adversité.

 

Mais aussi nous renforcer dans un contexte d’identité organique, latente et fusionnelle, dans un lieu, même modeste, de nature sauvage, duquel nous sommes partie, d’un souffle immémorial profond, du rayon d’intention d’autodéfense au cœur de l’attention formelle.

 

Faut-il alors se plonger dans des contextes sauvages extrêmes, voire effrayants, pour renforcer notre immunité ? Absolument pas.

 

La « dialectique » organique avec la nature sauvage est tout autant celle d’une autodéfense que le fait d’une identification, et d’un point de vue esthète et ascète (aussi affectif et émotionnel), il est important de choisir ses lieux de pratique, autant en tant que modérée fronde que de sympathie propre, pour qu’un lieu élu réponde aussi des critères profonds, et parfois inconscients, de cette élection intime.

 

Nous hésitions, face à la nature « organique », à parler de « dialectique » (les guillemets pour cette raison). C’est qu’au-delà de tous les termes intermédiaires, toutes les affinités, tous les critères, même les plus informes, qui, à un argument avancé, sont susceptibles d’en opposer un autre, voire tout simplement un renvoi littéral, le terme final, et premier, de toute « dialectique », y compris dans le monde, formel, des objets, est l’apprêtement de toute matière à son abîme, au vide qui la cerne, qui est aussi un lieu de dépourvu, de surgissement, de naissance et croissance, de redécouverte du même, et de soulagement de soi.

 

C’est aussi la qualité de la station debout, verticale, d’être  à 80 % dans le vide. Zazen, posture assise du Zen, est aussi ainsi, par le dressage de la colonne vertébrale, jusqu’à l’articulation de la nuque, en contrepartie de l’assise large et reposée des jambes croisées. C’est alors dans la pondération, intermédiaire, d’un axe interne, qu’on est le plus centré, le plus en équilibre, et le plus puissant en puissance.

 

« TEMOIGNAGE HUMAIN »

 

Pour cette raison, nous conseillons de choisir des lieux de pratique où « l’appel sauvage » (wilderness) est aussi, de façon pondérée, un « appel de vide », au sens allégorique (lointain et évoqué) de l’aventure extrême, de l’alpinisme, de l’escalade en solo, ou toute autre expérience de l’aplomb, où nous logeons, pour figure, les reliefs les plus saillants de nos propres caractères.

 

Aplomb et vide, sans nous effrayer et donc nous altérer émotionnellement et psychiquement par des mises à l’épreuve trop déportées, trop extrêmes, la plus grande épreuve n’est pas le décor, plus ou moins sauvage, mais l’aspect solitaire de la pratique, solitude de pratique qui nécessite prudence, car elle nous hisse, dans une privacité propre, au-delà de nos relations sociales courantes, parfois à travers l’écran où nous nous projetons à l’habitude. C’est aussi, en contrepartie, la présence dans un lieu de nature, le temps de pratique, qui nous est étranger et que nous devons, inertie, intégrer par notre pratique.


LES SEUILS D’ALTITUDE

 

Ainsi, en montagne, on distingue des étagements selon l’altitude, où la vie naturelle est plus ou moins précaire, plus ou moins un combat.

 

1/ espace en vallée

 

Des zones à basse altitude seront très profitables à l’agriculture, au commerce, à la relation sociale, mais peu à la solitude...

 

2/ espace forestier

 

Plus en hauteur, sur les contreforts montagneux, une profusion forestière rend la vie dense et puissante, mais soumise au caractère incertain des éléments, à l’inaccessibilité des lieux ou leur manque d’issue, à la méprise sauvage de la vie…

 

3/ espace d’estives

 

Plus en hauteur, à lisière de forêts, hauteurs de pâturages, seule survit la vie à hauteur de sol, ou presque, toute verticalité est précaire et en danger, par la haute densité atmosphérique, et ses basculements puissants et rapides, caractères extrêmes des abords de ciel…

 

4/ espace des roches

 

Plus haut encore, à hauteur de l’espace minéral et de vide, toute logique est potentiellement sens dessus dessous, les montagnes sont des chevauchements et enchevêtrements de failles (…), et peut péricliter en un instant, n’avoir de vérité qu’en son instant. Moments rares, mais peu fertiles, ils sont des rythmes de gravités et de ponctuations sur nos existences.

 

CHASSER ET SE CHASSER

 

Ainsi, le pratiquant de Zen Do Ken ira chercher son contrefort de pratique, comme on va chercher une proie, dans un sens indigène du terme, en prenant en compte l’identification du « chasseur » avec « ce qu’il chasse ». ainsi à chaque moment de vie, sa vérité, ne pas aller chercher « le nirvana » mais l’image d’une « nature propre », soi à soi, pour l’éroder et la polir, une ardoise / tuile polie pour miroir dit le Zen médiéval. Toutes les écoles d’art interne chinois, de travail d’énergie, insistent sur la nécessité de ne pas se mentir, à aucun moment.

 

DO (La Voie), REPRENDRE SON TEMPS

 

1/UNE MONTURE COSMIQUE

 

Enfin savoir que l’ultime voûte (« Tai Chi » en chinois) de la nature n’est ni dans nos « aventures périlleuses » ni dans « l’âme dramatique », mais dans les constellations d’étoiles, et rythmes solaires, et lunaires, desquels nous sommes tout aussi proche, et/ou lointain, pratiquant dans notre chambre, qu’à 3000 m d’altitude entre trois sommets.

 

Ce sont les cycles quotidiens, de très précise et à la fois gigantesque envergure au travers des cycles stellaires, solaires, et lunaires, qui sont la véritable monture de toute pratique courante, ceci, peu importe d’ailleurs « la couverture nuageuse », « brumes et brouillards », ou toute « interprétation des faits ».

 

2/PAYSAGES DU TEMPS, PAYSAGES DU CIEL

 

De cette façon, nous vous invitons à contempler, et saisir au regard les paysages célestes, qui, dans le domaine qui est le leur, le dôme céleste au dessus de nous, est un paysage au même titre que rivières et vallons.

 

En faisant attention à ces configurations, vous serez à même d’évaluer d’autres tempos que ceux qui interagissent avec nous dans notre existence sociale, voire psychologique, des tempos qui exposent des variances et des inerties qui en font un spectacle grandiose, même sur de moindres détails.

 

Par la suite, la pratique emmenée au naturel, dans la nature, avec l’expérience de la solitude et des abords sauvages toutes les fois que l’on peut, en respect de soi, nous expose non seulement à la configuration du temps lors de la pratique, mais aussi, peu à peu, à la logique météo d’un lieu de vie. Il est alors bon de pratiquer toutes les fois où le temps ne nous “assourdit” pas (grandes chaleurs, grands froids, ou tempêtes), et encore, chacun à sa mesure.

 

Pratiquer donc même lorsqu’il pleut, puisque la plupart des fois où il pleut, il pleut modéremment. Le travail de posture sous une pluie fine, ou avec un vent moyen, est très profitable, il correspond, d’un point de vue naturel, à ce que nous allons chercher dans une thalassothérapie, ou dans des bains remuants. Il est très bon pour la peau, et à travers la peau, comme pour les plantes, cette humidité prononcée est une profonde source de vie.

 

L’on apprendra à aimer la douceur et l’étreinte réconfortante des ciels gris, tout comme la nature. L’on se vêtira alors, pour la pratique au dehors, de vêtements imperméables, type Kway, légers, larges et souples.

 

Quant aux variations de température des saisons fortes, nous vous conseillons, tant pour la chaleur que le froid, de vous isoler par rapport aux températures du jour bien sûr, mais aussi de leur variation, en vous vêtissant de façon durable de façon équivalente (isolation), en autonomie par rapport aux variations de températures, de façon que votre corps soit autonome dans sa propre régulation thermique, sur des périodes d’amorti.

 

Ainsi, l’on apprendra à chevaucher les variations météorologiques, et les configurations sensibles du ciel en un lieu donné, le votre, en sachant aller à sa rencontre, à son encontre, par la pratique du Zen Do Ken, comme un marin ou un montagnard.

 

En sachant, lorsque le temps excède notre tolérance sensible, se réfugier (surtout) au sein d’un temps fort mauvais, précisément au coeur de ce grondement d’existence, avec la candeur et l’insouciance avec laquelle on se réfugie entre quatre murs, chose qui, pour l’homme primitif, l’homme naturel, était de façon équivalente fort violent à concevoir.

 

3/ENTRETIEN DE VÉCU

 

On pourra donc intervenir, au sein d’une vie sociale et matérielle qui « intervient » aussi dans la notre, comme un cultivateur ou mieux collecteur de « nourritures terrestres », apprendre à « cueillir » des expériences et des lieux aux abords sauvages, dans la nature, les nourrir, les rappeler, les représenter, par la pratique, de façon plus courante, dans nos lieux sociaux et plus confortables de résidence.

 

Cet accès au monde sauvage, en soupçon heureux, et son soin et sa réserve dans notre monde moderne et ses conditions, est l’enjeu du Zen do Ken, qui vous « cadre » pour amener votre pratique de façon autonome, selon une coordination de moments et de lieux que vous choisissez vous-mêmes.

 

Le Zen Do Ken est aux sports d’aventure un rappel, tout comme la photographie est un semblant de chasse. Nous ne prenons pas le risque de risquer, nous restons saufs, aux abords d’abords, demeurer, en toute santé, est notre combat que nous prenons soin et patience de révéler au centre du vécu social que nous connaissons, par la fidélité et la constance d’une pratique en cours.

 

LE CORPS DE L'ESPRIT


La disponibilité de vie de Jean-Philippe Erbin, liée à sa protection de santé, ainsi qu'à l'expérience d'une aventure littéraire et politique libre pendant plus de dix ans, de laquelle un peu plus d'une dizaine d'ouvrages (jusqu'ici non-édités) sont nés, ont permis l'attention et la concentration sur la pratique et l'étude des arts martiaux, énergétiques, et spirituels d'Extrême-Orient en Europe depuis 2001. Ce travail, ramené à sa condition quotidienne, a donné naissance au concept et à la méthode Zen Do 
Ken, en terres basques.

ART AU SINGULIER

LE LONG LE CHEMIN



UN MAÎTRE DE ZEN
Eric Rommeluère (JIUN)



UN MAÎTRE DE YI QUAN
Maître Ming Shan (Tchuen Shan)

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